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Apéritif parisien le mercredi 6 octobre
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Apéritif parisien le mercredi 6 octobre
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Des Anciens qui préparent les moments qui comptent
Les discours prononcés lors de la Cérémonie, la vidéo de promo...
Compilation réalisée par Lenka Svitekova (AFE 2009) à partir des photos collectées sur le groupe Facebook de la promotion.
Vous n’avez pas pu acheter la photo de promo ? Vous aviez demandé à Laurent WARIN, le photographe officiel, d’immortaliser l’événement ? Vous souhaitez conserver, (vous) faire offrir des images de la Cérémonie ?
>>> Faites votre choix en cliquant ici !
Les Anciens vous proposent de commander des tirages professionnels de ces photos, qui vous seront envoyés par voie postale :
10 euros par photo (tarif adhérents à l’Association des Anciens)
15 euros par photo (tarif non-adhérents)
Faites vos calculs : pour 45 euros, vous pouvez avoir 3 photos et tous les avantages de l’adhésion : annuaire papier, annuaire en ligne, service stages et emplois...
Pour passer commande, envoyez un message à Lenka SVITEKOVA (lenka.svitekova(at)anciens-sciencespolille.net) en précisant :
vos noms et prénoms
l’adresse postale à laquelle doivent vous être envoyées les photos
les références et quantités de chaque photo commandée
le total de la commande (si vous souhaitez bénéficier du tarif adhérent, suivez le lien ci-dessous pour adhérer dès aujourd’hui - aucun tarif "adhérent" ne sera accordé avant que votre adhésion ne soit validée).
Le chèque correspondant au montant de votre commande sera à libeller à l’ordre de l’Association des Anciens Elèves de Sciences Po Lille, et à envoyer (avec copie de votre commande) à
Association des Anciens Elèves
Institut d’études politiques
84 rue de Trévise
59000 LILLE
Discours prononcé par Antoine ROTHEŸ de l’Association des Anciens Elèves
Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur,
Mesdames, Messieurs,
Chères et chers diplômés,
Qu’allons nous, qu’allez vous chers diplômés vivre ce soir ? Une sorte de « rite de passage » ou plus exactement ce que le sociologue Pierre BOURDIEU appelle un « rite d’institution » c’est-à-dire (on m’a appris dans mes études qu’il fallait toujours définir les concepts), c’est-à-dire ce que Pierre BOURDIEU définit avec le style limpide qui le caractérise comme, « un évènement symbolique visant à marquer solennellement le passage d’une ligne qui instaure une division fondamental de l’ordre social ». BOURDIEU parle même de consécration officielle d’une différence dans l’ordre social.
Mais quelle différence ? En quoi repartirez vous ce soir différents de quand vous êtes arrivés ? Différents des autres ? quel autres ? Ceux qui n’ont pas un tel diplôme ?
Eh bien, ce soir, chers diplômés, je vous propose de franchir une autre ligne, c’est à dire de faire mentir Pierre BOURDIEU. L’invitation est tentante, on a toujours un petit frisson à oser contester un grand auteur, n’est ce pas ?
Pour ce faire, j’aimerai vous inviter à réfléchir à cette citation d’un grand acteur du XXème siècle « il faut que nos pays mettent fin au gaspillage de l’intelligence de leur jeunesse par une véritable démocratisation de l’accès aux plus hautes études ». La citation date de 1959, il y a 50 ans. Et pourtant, la démocratisation des grandes écoles reste encore à faire.
A cet égard, il faut rendre hommage au volontarisme de Pierre MATHIOT et du Conseil d’administration de l’IEP. Le programme PEI permet aux élèves modestes de quelques 140 lycées du Nord-Pas-de Calais de préparer le concours de l’IEP. Cependant, et différence notable avec nos collègues et néanmoins amis de Sciences Po Paris, celui-ci permet de donner des outils pour rétablir l’égalité devant le concours d’entrée mais ne prévoit pas de concours spécifique. Pas de passe droit donc.
L’Association des Anciens partage et encourage cet objectif de démocratisation. Pourtant, trop souvent, l’égalité des chances se heurte à un obstacle encore plus fort que le concours, l’accès à l’information sur le monde professionnel. C’est pour cela que l’Association des anciens cherche à développer des actions dans ce sens avec souvent des équipes de bénévoles y consacrant une grande partie de leur temps libre et des moyens encore trop limités. Forum avenir, futur guide de l’orientation, offres de stages et pourquoi ne pas imaginer demain un fonds pour l’égalité des chances qui permettrait de financer des projets visant à une plus grande égalité à l’Ecole ou, rêvons un peu, la remise d’un prix de l’égalité des chances.
Votre soutien compte donc chers diplômés et nous vous invitons dès ce soir à adhérer à l’Association pour lui donner les moyens de faire encore mieux et encore plus.
Je vous entends, vous allez me dire. C’est très bien, mais qu’est ce que cela a à voir avec Pierre BOURDIEU ? J’y viens.
Pour faire mentir ce vénérable universitaire, vos Anciens vous invitent, chères et chers diplômés, à ne pas considérer votre diplôme comme un signe de classification dans une caste sociale immuable mais bien comme un appel, un appel à votre curiosité intellectuelle pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, un appel à votre sens de l’engagement, un appel à votre sens de la responsabilité pour comprendre les enjeux concrets qui ont pu vous sembler un temps théorique et enfin un appel à la générosité. Générosité à l’égard de vos proches, de votre pays, du Monde, ou plus simplement de vos camarades de promotion et d’école.
Si je mentionne ceux-ci c’est parce que, ce soir, je souhaite que, tous ensemble, nous ayons une pensée forte. J’ai devant moi l’annuaire des diplômés que j’ai ouvert à la page 157. En bas de la colonne de gauche de cette page 157 à la lettre R du classement par ordre alphabétique je trouve la mention suivante : Clotilde REISS, promotion 2008. Vous en avez sûrement entendu parler, cette jeune universitaire française, arrêtée par le régime iranien au début de l’été et qui attend toujours la fin de son « procès ».
Pas facile pour une diplômée fraîchement sortie, que certains d’entres vous connaissent ou ont sans doute croisé dans les couloirs de l’IEP de vivre une arrestation, la prison, un procès difficilement justifiable. Clotilde, ton école pense à toi et nous espérons que tu pourras connaître rapidement la fin de cette épreuve.
A cet égard, comment bien sûr ne pas voir un signe fort dans le nom de votre promotion qui a voté pour le courage d’une femme admirable qui incarne le combat difficile d’un peuple pour l’état de droit et la démocratie : Aung SAN SUU KYI.
Mais il faut conclure, chères et chers diplômés.
En conclusion, je vous invite donc ce soir à franchir une ligne mais, vous l’aurez compris, pas n’importe laquelle.
Bonne cérémonie !
Discours prononcé par Alexandra FONTAINE et Lucie HUSSER, majors de la promotion Aung SAN SUU KYI
Bonsoir à toutes et à tous.
Lorsqu’on nous a proposé à Lucie et moi de prendre la parole ce soir, nous nous sommes demandées ce qu’on allait bien pouvoir vous dire…. J’ai donc fait un petit tour sur le site Internet de l’IEP pour trouver l’inspiration. Et j’y ai en fait trouvé une véritable source de dissertation : un document fort intéressant intitulé « La scolarité en 50 mots-clefs ». Je remercie donc les auteurs de ce mémento du nouveau palien, et pour éviter toute accusation de plagiat – célèbre concept érigé en épée de Damoclès par l’IEP durant toute notre scolarité – je précise donc que je m’apprête à citer certains passages dudit document. C’est à la lettre D, que j’ai compris quel tonalité donner à ce discours : « Directeur : si vous le croisez, vous avez le choix : révérence ou génuflexion. » Je me suis donc dit que l’humour était de mise à l’IEP. Mais c’est à la lettre G que j’ai enfin compris ce qui nous parlerait à tous : « Gala. C’est le grand soir. Après 37 galops, 53 exposés, 25 fiches de lecture, 45 examens, deux stages, trois mémoires et deux soutenances, quelques nuits blanches à réviser les théories des relations internationales, les politiques publiques et le droit constitutionnel, vous aurez entre vos mains le fruit de votre labeur : un diplôme. » Alors que nous clôturons aujourd’hui 5 années de dur labeur, nous gardons tous en mémoire de nombreux souvenirs : le fabuleux sujet de culture gé de notre concours d’entrée, l’amphi de droit constit en 1ère année le vendredi matin à 8h après s’être couché à 3h et demi (pour sortir, pas pour bosser bien sûr), l’excellente répartition des partiels en 2ème année (9 en janvier, 4 en juin) et donc les super vacances de Noël qui vont avec, le grand oral (ou plutôt le sujet et le jury sur lesquels chacun a eu l’immense plaisir de tomber), ….
… Il y a aussi eu les assemblées générales, les fameuses « AG » quotidiennes, passionnées, parfois houleuses et invariablement interminables du blocage anti-CPE. Et, deux ans plus tard, la loi LRU et les AG beaucoup plus… concises. Il est certain que l’effondrement du plancher de l’amphi B à la première assemblée a rendu la logistique un peu plus complexe…. Ceci dit, on aurait pu s’y attendre : le plafond avait cédé l’année précédente !
Il y a aussi eu les années à l’étranger, avec la filière franco-britannique pour notre part, et donc la vie de campus à l’anglo-saxonne, mais aussi et surtout l’ouverture à un système d’enseignement différent.
Différent par exemple parce que, je pense qu’on peut l’avouer ce soir, les semaines anglaises plafonnent à 11h de cours… Différent donc, mais finalement et surtout complémentaire. Les sacro-saintes « 2 parties, 2 sous-parties » de Sciences Po nous ont permis de structurer nos travaux au pays des « bullet-points ». En retour, les exigences bibliographiques et académiques des universités britanniques nous ont encouragés à développer nos propres raisonnements une fois revenus à ce que certains appellent affectueusement Sciences Pipo.
Et c’est tout cela qui fait la richesse de notre formation à l’IEP. Nous avons tous été amenés, au cours de notre scolarité, à découvrir d’autres cultures, d’autres façons de travailler, d’étudier, et tout simplement de vivre. Ainsi, nous avons tous été amenés à nous ouvrir à différentes formes d’enseignements, tant scolaires que pratiques et humains.
C’est finalement cette opportunité pour chacun d’entre nous de personnaliser notre cursus, de rester généralistes tout en acquérant des connaissances plus spécifiques par le biais de stages, de séjours à l’étranger ou plus simplement de rencontres et d’échanges, qui nous permet aujourd’hui d’utiliser notre diplôme comme une carte de visite appréciée du monde professionnel. En effet, ce soir, même si nous sommes tous diplômés de la promotion Aung SAN SUU KYI, nous sommes pourtant beaucoup à avoir des formations complètement différentes : Sciences Po Lille est, je pense, bien plus qu’un Institut d’Etudes Politiques. C’est un cursus qui nous offre la possibilité de construire notre avenir professionnel avec les pierres que nous souhaitons assembler. La section Ecofi au sein de Sciences Po c’est pour moi toute la richesse de ma formation. Et j’espère que l’IEP continuera à cultiver cette diversité qui lui donne sa réelle valeur ajoutée.
Pour conclure, je reviens rapidement sur le choix de prendre le nom d’Aung SAN SUU KYI pour notre promotion. Quelques éclaircissements pour ceux qui n’ont pas été amenés à voter : à l’issue des tours de vote préliminaires, deux personnages d’envergure restaient en lice. Il s’agit d’Aung SAN SUU KYI et de Tryphon TOURNESOL.
Si personne ne remet en cause la dimension profondément inspiratrice du savant fou, il semble que la dame birmane ait finalement suscité de plus nombreuses vocations. Pour une promotion de Science Po se donner un nom peut bien sûr relever d’une simple formalité. Nous pouvons aussi choisir de lui donner un sens.
En nous donnant le nom d’Aung SAN SUU KYI, nous plaçons notre promotion sous le signe de l’engagement politique et des valeurs démocratiques. Et en même temps, nous rendons hommage à Aung SAN SUU KYI elle même, à son engagement personnel dans un combat qui l’a amenée à choisir entre sa liberté et ses idées.
Finalement, la force de l’IEP est bien de nous avoir permis de façonner notre diplôme, d’y apporter notre touche personnelle et ainsi de nous l’approprier. C’est ce qui nous permet ce soir de le recevoir avec au moins un petit peu de satisfaction et, pourquoi pas, de fierté.
Félicitations à tous et bonne soirée !